Joseph Ponthus À la ligne Feuillets d'usine La Table Ronde, 03/2019, ISBN 9782710389668, 272 p., 18 euros.

Pour un premier roman, le succès est arrivé très vite pour cet auteur car l'ouvrage de Joseph Ponthus est déjà récompensé par cinq prix immédiatement après sa parution en mars 2019 dont notamment le Grand Prix RTL/Lire 2019, Prix Régine Deforges 2019, Prix Jean Amila-Meckert 2019, Prix du premier roman des lecteurs de la Ville de Paris 2019 et Prix de la librairie Coiffard.

En pleine tournée nationale de dédicaces, Joseph Ponthus sera sans doute l'attraction de la prochaine fête du livre de Saint-Etienne. En effet, l'ouvrage raconte la banalité et l'insipidité du travail intérimaire sous le regard d'un lettré universitaire donc tout en décalage imagé ! L'écriture est surprenante car la mise en page met en avant une écriture syncopée qui va à la ligne à chaque moment choisi par l'écrivain d'où le titre de l'ouvrage.

Les propositions d'embauches de l'agence intérimaire ne sont guère réjouissantes et Joseph Ponthus, éducateur spécialisé sans emploi, est contraint de proposer sa force de travail au fur et à mesure des propositions tantôt dans une conserverie puis dans un abattoir. Au gré des nuits sans fin, le recours à la littérature et à ses auteurs renommés le sauve de la tristesse de ces professions sans intérêt. De même, le gâchis d'une bonne éducation dans ce genre de profession met en filigrane le sacrifice des parents pour assurer de belles études à leur enfant. Ce magnifique et original roman nous fait découvrir un quotidien pas folichon !

Un beau roman étonnant et détonnant dans un monde où le travail manuel et répétitif est mis en valeur par notre société de consommation. A consommer sans modération.

Ponthus a lire

Quatrième de couverture :

À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.

Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

« Dans son livre, Joseph Ponthus résume lui-même parfaitement son ambition : Se donner pour tâche de raconter ce qui ne le mérite pas, le travail dans sa plus banale nudité. D’une écriture syncopée, à la ligne, en osmose avec la cadence infernale de l’usine, il signe, tel l’Ulysse de l’intérim, une odyssée rebelle et poétique du monde ouvrier…» - Bernard Lehut, rédacteur en chef culture RTL.

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https://www.editionslatableronde.fr/Catalogue/vermillon/a-la-ligne

https://www.liberation.fr/france/2019/01/19/joseph-ponthus-l-epreuve-de-l-usine-s-est-peut-etre-substituee-a-celle-de-l-angoisse_1703795

 

Date de dernière mise à jour : 08/09/2019